Voici un designer très contemporain qui crée des objets étonnants dans sa collection in vino veritas.




Ses oeuvres seront exposées à la galerie artcurial du 17 au 30 avril.
Ce blog est la chronique, dédiée à la vigne et au vin, d'un viticulteur amateur ivre de "fun" et de beauté.
Voici un designer très contemporain qui crée des objets étonnants dans sa collection in vino veritas.




Ses oeuvres seront exposées à la galerie artcurial du 17 au 30 avril.
Séraphine Louis (dite « de Senlis », peintre autodidacte de compositions florales, héroïne du fim éponyme actuellement sur les écrans, était femme de ménage chez l’esthète et collectionneur allemand Wilhem Uhde, qui découvrit son talent.
On peut encore découvrir ses toiles au musée Maillol , rue de Grenelle à Paris 7eme, jusqu’au 30 mars 2009.

Cette vigne date des années 1920-21

Et celle-ci de 1930.
« Garde-toi d’une femme qui boit et d’une jument débridée« , dit le proverbe.
Voire.
Ce n’est pas du tout notre vision de la chose au « bon clos », où nous ne sommes ni pour ni contre, bien au contraire !
Mais que donc penser de celle-la, peinte par Solomon Nikritine en 1928 ?

Nous l’avons découverte lors de l’exposition sur l’avant-garde russe qui vient de se clore au musée Maillol, rue de Grenelle.

Il ne parlera plus, le rocker mélancolique…

Il ne sourira plus.
il voulait l’eau et le vin
la pierre et le raisin
trop de tanin l’a fait sombrer ?
L’EAU ET LE VIN
L’eau et le vin
L’eau et le vin
je veux l’eau et le vin
la pierre et le raisin
je veux l’eau dans tes mains
et le vin quand il convient
L’eau et le vin
je veux l’eau et le vin
la mer que me revient
je veux l’eau des marins
Au chagrin
il est vain d’en rajouter
trop de tanin
me fait sombrer
en eau douce, en zone sinistrée
… il est vain d’en rajouter
… il est vain d’en rajouter
L’eau et le vin
je veux l’eau et le vin
la terre et le venin
je veux l’eau des marins
Aussi bon que le pain
le vin qui me parle
et l’eau qui ne dit rien
Poisson dans l’un
poison dans l’autre
… l’eau et le vin…
Au chagrin
il est vain d’en rajouter
trop de tanin
me fait sombrer
en eau douce, en zone sinistrée
… il est vain d’en rajouter
… il est vain d’en rajouter
Comment ne pas avoir en tête la rengaine de Mireille (c’est un jardinier qui boite…) en découvrant Jean Dessirier, ce vigneron qui peint…

Il exposait quelques une de ses oeuvres ce samedi 21 mars à l’occasion d’une fête de quartier.
Nous les avons découvertes, peintes sur zinc selon une technique de son invention, avec bonheur.
Rien de surprenant dans le parcours de celui qui enfant portait le surnom de Jeannot La…pin.
Pas de gigantisme ici, mais une poésie qui évoque le monde merveilleux de l’enfance et des contes. Qu’on en juge sur son site.


Bien sûr ce vigneron (qui a quand même récolté 135 kilos de bon raisin l’année dernière) rend son tribut à Bacchus.

De là à dire « c’est un vigneron qui s’pinte » il y a un un abîme que nous ne franchirons pas.

Mais nous ne saurions trop lui suggérer de continuer dans cette veine bachique.
Continue à nous émerveiller, ami Jeannot !
On peut trouver tes oeuvres dans plusieurs galeries de la région parisienne (tarif préférentiel pour les amis du clos !).
Et régalons nous avec Mireille, son vieux chateau et son jardinier…
Voila bien le sujet que l’association Cocorico (Comité de Coordination région Ile-de-France des Confréries) proposait de décrypter à ses adhérents, ce samedi 14 mars à Sucy en Brie.

Pour ce faire un authentique vigneron (du Val de Loire), diplômé d’études supérieures spécialisées en oenologie s’il vous plaît, avait été réquisitionné : Vincent Lacour. Plus que sur les connaissances théoriques, toujours nécessaires, l’objectif était de mettre l’accent sur la pratique de la vinification en blanc sec.

La trentaine de vignerons d’Ile-de-France présents -venus (la grappe à la main ?) de Chenevieres,Clamart, Combs la ville, Joinville, Nogent, Marolles, Villiers, Noisy le Grand, Livry/seine, et bien sûr de Sucy- n’auront pas regretté d’être venus.

Pour peu qu’ils aient été attentifs, ils n’ignorent plus grand chose des dangers de la pourriture grise, des risques liés à l’oxydation des moûts et des moyens d’y remédier, de l’importance d’une température régulée, des aléas de la fermentation alcoolique, des taux de sucre et d’acidité cible…
Cocorico a mis en ligne un diaporama de l’évènement…

Le déjeuner pris au fort de Sucy, sous les voûtes, a été un moment de franche convivialité qui s’est prolongé bien au-delà du sacro-saint horaire, mais qu’importe.

On y dégusta les délicieux vins de Sucy et put s’y repaitre d’un excellent coq au vin.
Merci donc à Jean Caugant et Georges Kopcsan, qui nous ont concocté cette formation, et à Jean-Marie Durand et ses confrères de Sucy qui nous ont si sympathiquement accueilli.

Et merci la cantinière !



Cavanna écrivit en son temps les aventures de Dieu, de roborative mémoire. Mais qui se souvient encore de celles de Bacchus, « les Dyonisiaques », narrées au Veme siècle par Nonnos de Panopolis ?
Cet amateur égyptien de poésie grecque les aurait composé entre 450 et 470, avant, Dieu merci, sa conversion au christianisme. Ce recueil épiques de 48 chants ne survit semble-t-il que grâce à la découverte d’un manuscrit au 16eme siècle.
En ce printemps des poètes il est temps qu’il refasse surface.

De quoi s’agit-il ? Laissons la parole au traducteur, le comte de Marcellus :
Avant de montrer le Dieu bienfaiteur, il fallait expliquer de quel chaos sa présence allait faire sortir le monde. De là, au début, la lutte du bien ou du mal, ou de Jupiter contre Typhée ; puis les essais de Cadmus, qui, suivi d’Harmonie, porte au sein de la Grèce le culte et les arts de la Phénicie et de l’Égypte.
Après Zagrée disparu dans la conjuration des Titans, second effort de l’élément malfaiteur, parait enfin le grand Bacchus, Bacchus le Thébain, le génie civilisateur engendré par la foudre; il échappe à la demeure d’Athamas, à la jalousie de Junon, et grandit à coté de la mère universelle, Rhéa. Puis le Dieu dompte lei monstres fléaux de la terre, assouplit son corps aux exercices auxiliaires des combats, et crée la vigne, arme pacifique et conquérante. Bientôt il rassemble de tous les points du monde et recrute dans les rangs des races divines une armée immense; il part à sa tête pour asservir les Indes, par le même chemin que prit Alexandre. Viennent alors les journées du lac Astacide et des défilés du Liban, qui sont pour Bacchus les batailles d’Ipsus et du Granique : on suit lentement la marche envahissante de la vigne dans ce pompeux itinéraire du fond du golfe de Nicomédie jusqu’aux rives de l’Hydaspe à travers les embûches ennemies, ou l’hospitalité de la chaumière et du palais. Dans les Indes, la guerre se développe avec toutes ses péripéties, les avantages, les défaites, les trêves, les surprises et lei stratagèmes. Enfin Bacchus l’emporte, et il constitue son culte et son empire chez les peuples de l’Orient indien. Dès lors, il revient aux bords de la Méditerranée, où il n’a pins d’autre armée que son cortège habituel ; il visite, chemin faisant, Tyr, la patrie de son aïeul Cadmus, comble de ses dons la brillante Béryte et les vallées du Liban ; puis, traversant de nouveau la Cilide et la Lydie, il porte en Europe son influence et ses bienfaits, descend de l’Illyrie et de la Macédoine vers Thèbes, où il est né, et où sa divinité et son pouvoir se manifestent par le châtiment d’un roi incrédule ; il initie bientôt Athènes à ses mystères, console à Naxos une amante délaissée, car il possède l’art de sécher les larmes et de calmer les douleurs. Ensuite il lutte contre son éternelle ennemie Junon au sein d’Argos, centre terrestre de la puissance de la reine des dieux, dompte les géants de la Thrace ou les monts infertiles, soumet Pallène, ou son sol, rebelle à la culture; revenu en Phrygie, domaine de sa nourrice Cybèle, d’où il est parti, il y combat les insalubres émanations des airs qu’il adoucit, et quitte enfin la terre pour occuper un trône dans l’Olympe, au sein des immortels.
Le lecteur assidu de ce blog pourra utilement compléter les informations publiées il y a un an (indovino )
Merci à Philippe Remacle qui nous les fait découvrir sur son beau site remacle.org
(NB : l’ouvrage est édité chez les Belles Lettres )
Et oui, ce lundi 2 mars commençait le printemps des poètes, lancé au son du saxophone de Louis Sclavis aux Folies Bergère sous la houlette de l’étonnant Jacques Bonnaffé. Celui-ci n’a-t-il pas déclamé jusqu’à plus soif l’épitaphe dédiée par Ronsard à Rabelais ?
Lequel aimait le vin, on peut le dire !
Si d’un mort qui pourri repose
Nature engendre quelque chose,
Et si la génération
Se fait de la corruption,
Une vigne prendra naissance
De l’estomac et de la panse
Du bon Rabelais qui buvoit
Tousjours cependant qu’il vivoit.
La fosse de sa grande gueule
Eust plus beu de vin toute seule
L’épuisant du nez en deux coups,
Qu’un porc ne hume de laict doux,
Qu »Iris de fleuves, ne qu’encore
De vagues le rivage More.
Jamais le soleil ne l’a veu,
Tant fût-il matin, qu’il n’eust beu;
Et jamais au soir, la nuit noire,
Tant fût tard, ne l’a veu sans boire:
Car altéré, sans nul séjour
Le galant boivait nuit et jour.
Mais quand l’ardente Canicule
Ramenait la saison qui brûle,
Demi-nu se troussoit les bras,
Et se couchait tout plat à bas,
Sur la jonchée, entre les tasses,
Et parmi les escuelles grasses,
Sans nulle honte se souillant.
Allait dans le vin barbouillant,
Comme une grenouille en la fange ;
Puis ivre chantait la louange
De son ami le bon Bacchus…
Il chantoit la grande massue,
Et la jument de Gargantue,
Le grand Panurge, et le pais
Des Papimanes ébahis,
Leurs loix, leurs façons et demeures;
Et frère Jean des Entomeures,
Et d’Epistème les combas,
Mais la mort, qui ne boivoit pas,
Tira le beuveur de ce monde,
Et ores le fait boire en l’onde
Qui fuit trouble dans le giron
Du large fleuve d’Acheron.
Or toy, quiconque sois, qui passes,
Sur sa fosse répans des tasses,
Répans du bril et des flacons,
Des cervelas et des jambons;
Car si encor dessous la lame
Quelque sentiment à son âme,
Il les aime mieux que des lis
Tant soient-ils fraîchement cueillis
Et puisque le soleil commence à nous chauffer la couenne, célébrons ce printemps qui vient avec le québecois Paul Piché… et ses émules
Terrible fléau que l’alcoolisme.

Témoin cette affiche, qui daterait des années vingt en Russie.
Qu’as tu fait de ton argent ? Penses tu à ta famille ?
Il reste encore à faire, au pays de la vodka.
Ici aussi sans doute.
Ne croyez pas que je plaisante,
dans ma gorge le chagrin est comme un sac.
Et j’entends tonton Georges soupirer :
Fils de pécore et de minus, ris pas de ce pauvre Bacchus.

Il est des chaumières de France qui recèlent de doux trésors et où il fait bon vivre.
A Montmorency nous en avons visité, en ce doux pays qui a donné son nom au notre !


Gemütlich !

Ici le vin n’est pas un drapeau que l’on met dans sa poche.

Et voici notre hôte, bien connu des amis du clos, qui soigne dans la gaieté sa santé en compagnie d’un chateau grand renard, excellent Blaye ! Tous les espoirs sont permis.