Tel Dante suivant Béatrice pour visiter le Paradis, nous voila guidé par une Auditrice du Louvre dans les recoins du Musée, direction la peinture française, flamande et l’école du Nord.
On ne fait pas trois pas sans tomber en arrêt sur une oeuvre de ce 17ème siècle prolifique. Voici quelques retombées pour les lecteurs du Bon Clos.
A tout seigneur tout honneur, commençons par Bacchus. Nous avons là 3 grands tableaux de Nicolas Poussin : l’enfance de Bacchus (dite aussi la petite Bacchanale, vers 1624), la grande Bacchanale à la joueuse de guitare (vers 1627), et l’Automne ou la grappe de Canaan (vers 1660).

L’enfant Bacchus lappe goulûment le jus de raisin pressé par un satyre. Un air de déjà vu ?
On reconnait ci-dessous aussi un tableau déjà rencontré.


Voyons maintenant deux scènes d’inspiration religieuse, une Cène du néerlandais Joos van Cleve (vers 1520), où l’auteur s’est représenté tout à gauche en échanson, et une tentation de Saint Antoine par l’ivresse, qui résiste en lisant un texte sacré.



Le même David Teniers II le Jeune peint cet intérieur de cabaret (1645)


et cette scène de taverne, dite « le galant buveur » ou encore « le tête-à-tête épié » (vers 1640)


On ne boit pas que du vin dans ces estaminets, voici un « buveur de bière et fumeur » (1640-50)

Voyons maintenant des scènes familiales comme ce festin de l’enfant prodigue, du même David Teniers II dit le Jeune (1644).

Ce festin champêtre de Frans Hals (1620) semble bien arrosé (Noter le rafraichissoir et les coquille d’huîtres au sol).

Le roi boit est un grand classique de Johannes Jordaens (vers 1640)

Jan Steen aime aussi représenter les fêtes familiales


Du même Steen, voici une « fête dans une auberge » bien débridée (1674)



Le réunions pour boire, écouter de la musique, draguer.. sont un thème de prédilection. En voici quelques unes encore.


On boit, et on fume aussi !

Et l’on croise bien sûr de nombreux buveurs, comme ces deux-là d’Adriaan van Ostade




Il faut dire un mot de Judith Leyster, rare peintre femme qui eut un atelier prospère dans cet univers masculin, et qui eut quelques démêlés notamment avec Frans Hals à qui ce tableau a longtemps été attribué (à lire sur Wikipedia). Parmi ses oeuvres principales on cite son »Joyeux Buveur« (1629), auxquels on rajoutera son Kannekijker (Jeune homme avec une cruche) (1633) et son Joyeux Trio (1629-1631).
Terminons la visite avec ce « Caprice Romain » de Johannes Lingelbach (1660-70), où des paysans boivent à la porte d’une hôtellerie romaine.



