Avec Marie Krysinska

Nous avons rencontré cette poétesse franco-polonaise qui eut son heure de gloire au temps de Montmartre triomphant. Pianiste au Chat Noir, elle publia quantité de poèmes qu’il serait dommage d’oublier.

Marie Krysinska 1857-1908

Comme son poème de la vigne, dédié à Anatole France, dans le recueil « les Joies errantes », qui nous fait faire le tour du monde du vin, depuis les Indes lointaines dont Dyonisos rapporta la vigne, jusqu’au pays où

Enfin le champagne à la mousse folle
Dont le bouchon comme un oiseau s’envole
Est le diadème d’or, finement perlé,
Au front de la Vigne sacrée.

Avec la chanson dans les vignes, nous partons en vendanges avec l’Amour

Les vignes sont en fruit
Sur les coteaux mûris.
Mettez des feuilles rougissantes
Parmi vos boucles de bacchantes
Vendangeuses au rire clair
Comme le cri des grives dans l’air

L’Amour — ce Vendangeur
Ivre du sang des cœurs —
Veut grapiller encore, encore,
Des lèvres rouges, des yeux d’aurore.

Il en fera jaillir
Des larmes, des soupirs,
Et l’amertume en sera douce
Comme le vin nouveau qui mousse
Au bord des verres brillants,
Au bord des verres chantants.


L’ivresse est sainte qui fait chanceler
Vos pas d’amoureux, couples enlacés,
Dans les vignes en fruit
Sur les coteaux mûris.

Et avec la folle Bacchanale,

La farouche et rythmique extase se déchaîne.

…

Et le flot du vin odorant se mêle
Aux flots des chevelures qui follement ruissellent.

Ce dernier poème a été mis en musique et chanté par notre amie Pascale Neuvic et ses acolytes du Trio du Zinc, Yannick Jamin et François Marnier.

On aura l’occasion de l’écouter sur scène ce vendredi 2 octobre au musée de l’absinthe d’Auvers/Oise, au cours du récital « poèmes du 19èmes siècle« , où l’on retrouvera aussi Marceline Desbordes-Valmore, Louise de Vilmorin, Louise Ackermann et bien d’autres.

Une deuxième chance : au théâtre Pixel à Paris 18ème le 10 janvier.

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