donne de la force aux amants !
C’est ce que prêche Bacchus, tentant de consoler un amoureux malheureux, après avoir reconnu qu’il ne guérissait pas les blessures d’amour.
Nous sommes dans l’Orfeo d’Antonio Sartorio, un compositeur vénitien (1630-80), joué récemment à l’Athénée sous la direction du chef Jarousski. C’est une oeuvre brillante, aux nombreux personnages, comportant plus de 50 airs, et qui annonce l’opera seria.
Le propre frère d’Orphée, Aristeo, amoureux sans succès d’Euridyce, songe au suicide quand Bacchus, suivi de satyres et de bacchantes, vient s’interposer :
Se d’amore le ferite
Risanar Bacco non sà
Il buon frutto de la vite
Agl’ amanti forze dà.
Sù bevete
Sù godete
Che bevendo
Che godendo
Mi direte chi vai più
O lo strale di Cupido
O di Bacco la virtù.
Il est de nombreuses oeuvres s’inspirant du mythe d’Orphée, celle-ci est à la fois drôle, avec des personnages truculents comme Erinda, Achille et Hercule, et tragique. Les personnages sont en proie aux supplices d’un amour jamais partagé, et quand il l’est, torturé par la jalousie.
Elle connut un franc succès au 17ème siècle, avant de tomber dans l’oubli. Son message ? Défions nous de Cupidon et de ses flèches, préférons la vertu de Bacchus !
On trouve en ligne cette version jouée par le COLLEGIUM MUSICUM RIGA, en 2021
Malheureusement, la scène avec Bacchus (à 1h37m) est tronquée… On se reportera au livret

ou à la partition pour plus d’information.
