Un air de ressemblance avec ce mangeur de haricots peint en 1584 ?
Annibale Carracci, avec son frère Agostino et son cousin Lodovico, est connu pour son style baroque et son refus du maniérisme. Nous en connaissons le Triomphe de Bacchus, peint sur la voûte du palais Farnese. Il a aussi peint ce Bacchus en pied…
et dessiné ces tonneliers…
et ce porteur de vin en pleine action.
Une partie de pêche sur le Net ramène toujours quelques surprises, comme ce triomphe de Silène du néerlandais Gerrit van Honthorst (« Gérard de la Nuit », années 1620) qui se trouve au Musée des Beaux-Arts de Lille et que nous n’y avions pas vu lorsque nous l’avions visité.
Terminons avec cette scène de beuverie (dessin à l’encre) qui était en vente il y a quelques jours chez Ka-Mondo, commissaire priseur à Drouot. Elle daterait de la fin du 18ème.
Depuis quelques jours, toute la presse spécialisée en parle : des cochonnets venus de Nouvelle Zélande, les kunekune, sont à la manoeuvre pour pour désherber les rangs de vigne.
Car désherber est un vrai problème. Si l’enherbement est recommandé, pour le renforcement des sols, il faut bien, quand vient l’été, éliminer cette engeance avide d’eau et d’azote qui vient concurrencer la production des grappes. Mais la chimie a mauvaise presse (la tendance est à l’interdiction du glyphosate), et le travail mécanique nécessite de l’huile de coude coûteuse et peu disponible, du fuel, bref des coûts et de la pollution.
Dans certaines régions on a recours aux moutons qui viennent volontiers paître dans les vignobles, mais ils ne font que tondre l’herbe qui repart de plus belle à la moindre ondée.
Dans ces circonstances, il faut faire preuve de créativité ! C’est ce qu’ont fait des viticulteurs champenois et bordelais, en faisant appel aux kunekune, dont le nom en maori signifie rond et gros.
Ces petits cochons nains (mesurant une 40 aine de centimètres) se nourrissent essentiellement d’herbes. Trop petits pour s’attaquer aux feuilles, ils enfouissent leurs groins sous les mottes qu’ils déterrent, et avalent en passant les feuilles mortes porteuses le cas échéant de spores de mildiou. Disciplinés, ils parcourent les rangs en bon ordre. On connaissait le métier de promeneur de chiens, voici donc celui de promeneur de kunekune, un métier d’avenir ?
« On ne pourra pas tout révolutionner avec les cochons », mais ils sont un « complément », « un outil en plus pour les parcelles les plus difficiles », juge M. Bonnaire, un viticulteur champenois. Notamment « sur les sols en côteaux, où avec les orages, on perd quatre à cinq cm de terre par an ».
Un de plus ! Un de moins ! C’est le tour du Garçon Boucher, personnage atypique du rock alternatif, de mettre les bouts, gros bébé joufflu mort avant terme.
Il y quelques années, nous avions eu le bonheur d’assister au Trianon à une de ses manifestations, où il avait convié ses amis vignerons et chefs bistrotiers réputés. Il y avait des vins d’un peu partout, mais bizarrement pas… Du beaujolais (1989).
François Hadji-Lazaro était donc un amoureux des bonnes choses et du vin, ce doux nectar...
Il existe une sensation à portée de tire-bouchon
Elle ravit les yeux, le nez, et pis surtout le gosier
Faut pas hésiter
Une espèce de résumé de ce que la terre peut nous donner
À apprécier !
Toute la saveur de la pierre, du soleil et des rivières
Là dans le verre !
Hommage au doux nectar
Au vin, pas au pinard
Il faut savoir goûter
Tous les sens éveillés
Hommage au doux nectar
Au vin, pas au pinard
On va pas laisser ça
Aux beaufs qu’apprécient pas
Faire de quelques grains de raisin
Un moment de plaisir divin
Comment un viticulteur
En y mettant tout son cœur
Nous crée le bonheur
Quand pète enfin le bouchon
Le vin parle de sa région
Avec passion !
Quand ce qu’on a sous le nez
Sent la violette et les prés
Sans déconner !
Quand dans la bouche le miel
A rencontré la cannelle
Sensationnel !
Et quand le verre qui brille
Ressemble à la bouche des filles
La bouche des filles !
Il existe une sensation à portée de tire-bouchon
Elle ravit les yeux, le nez, et pis surtout le gosier
Faut pas hésiter
Une espèce de résumé de ce que la terre peut nous donner
À apprécier !
Toute la saveur de la pierre, du soleil et des rivières
L’esthétique a précédé l’éthique : Avec Bourré bourré ratatam (1992, même album que l’hommage au doux nectar) , non pas hymne à l’ivresse mais à la responsabilité, on aborde le dilemme Boire (pour ne pas voir le monde) ou ne pas boire (pour affronter le monde)?
Sors un peu de ta bouteille… La vie, même si elle est dure Est une belle aventure Si on se bat pour qu’elle soit digne de soi…
Devant les horreurs des hommes
T’as la solution en somme
Se mettre un écran liquide devant les yeux
Il n’y a plus de sang qui coule
Tout le monde est vachement cool
Plus de guerres, de maladies, un paradis
Bourré, bourré ratatam
Bourré, bourré
Pour ne pas voir le monde
Bourré, bourré ratatam
Bourré, bourré
Pour se cacher le monde
Ecroulé dans la vinasse
Tu vois pas la mort qui passe
Tu vis bien dans ton cocon, sous protection
L’alcool rend la vie si belle
Même ta copine est fidèle
Te voilà riche et heureux, plus près des dieux
Bourré, bourré ratatam ….
Sors un peu de ta bouteille
Des soirées toujours pareilles
Où tu trouves des solutions
À coups d’tir’bouchon
La vie, même si elle est dure
Est une belle aventure
Si on se bat pour qu’elle soit digne de soi
Bourré, bourré ratatam …
FHL a aussi chanté la bière avec les Garçons Bouchers, mais il ne faut pas se méprendre, La bière… n’est pas un hymne non plus : Qu’est-ce qu’elle a fait de moi la bière ?
La bière. La bière.
Qu′est-ce qu’elle à fait de moi la bière?
La bière. La bière.
C′est comme si c’était mon frère.
Nous buvons jusqu’à la dernière,
On se remplit comme des porcs de bière
KRO-NEN-BOURG
Et toujours on r′tourne au fond des chiottes
On se dégueule en choeur sur les bottes.
La bière. La bière…
A la pression, en boite, en cannette.
On boit, on fait des rots et on pète.
KRO-NEN-BOURG
Ca fait mal à la nuque le lendemain
Mais on va remettre ça sans fin.
La bière, la bière…
La bière, moi, ça me rend amoureux.
Amoureux?
La nuit, ça me réveille la queue
KRO-NEN-BOURG
Mais si jamais j’ai trop abusé,
Y′a rien à faire, elle veut pas bander
La bière, la bière…
Et en buvant mon avant dernière
Avant qu′on ne me rentre dans ma dernière
KRO-NEN-BOURG
Je veux recevoir l’extrême onction.
A grand coup de malt et de houblon.
La bière, la bière,
Qu′est-ce qu’elle à fait de moi la bière.
La bière, la bière.
C’est comme si c′était mon frère.
On n’en a pas fini avec la lutte contre l’alcool et son emprise. Voici, Je bois ma vie (avec le groupe Pigalle) : si j’avais su j’aurais pas bu, mais là, tous les jours, je bois ma vie…
Tous les jours je bois ma vie,
Pour oublier les déboires: il faut boire
Ma vie, elle n′est pas bien solide,
Elle s’rait plutôt liquide
Et oui, le verre est plein,
Mais ma vie, elle est vide
Alors …si j′avais su, j’aurais pas bu
Mais là, tous les jours, je bois ma vie
Les discussions avec mon verre
Dépassent les débats stériles
En plus il n’est pas très disert
Pas de bruit, pas de soupir futile
Parler, passe par les mains,
Le verre, je le palpe, je le tripote
Et nous ne faisons qu′un
Lui c′est vraiment mon pote
Un jour, je stopperai ce calvaire
Paraît qu’on ne s′arrête
Pas immédiatement
Mais je saurai y faire,
J’y arriverai, je suis confiant
Tous les jours, je bois ma vie
Pour oublier les déboires, il faut boire
Ma vie, elle n′est pas bien solide
Elle s’rait plutôt liquide
Quand la bouteille m′appelle
Je suis toujours présent
Quel que soit le flacon
Me voilà en mission
Avec mon tire-bouchon
Et encore tous les jours, je bois ma vie
Quand j’aurai cassé le godet
Je serai en forme bien frais
Parfois un peu de nostalgie
Mais plus vraiment d’envies
On s′adressera de nouveau à moi
Mes économies retrouveront du poids
Vu que je ne boirai plus mon argent
On n′en est pas encore là
Mais c’est imminent.
En attendant…
Avec la petite Cirrhose du port de Copenhague, chantée avec Pigalle, il nous raconte une histoire peut-être banale, celle d’un marin « furieux du goulot » fou d’amour qui casse Berg et tue Borg (blague à part) et se retrouve au placard.. .mais tout est à double sens…
Un gars nommé Andersen furieux du goulot
Tournait dans les bars des ports de Nantes à Oslo
C’est dans l’pays danois qu’il devait trouver
Les pires emmerdes d’sa vie, triste destinée
Et la petite Cirrhose du port de Copenhague
Allait l’envoyer direct au creux de la vague
Dans le port de Copenhague on la connaît bien
La petite Cirrhose, celle qui a un grain
Et tous les gars qu’elle entraîne, s’ils n’sont pas crétins
Au bout de quelques fredaines, passent vite leur chemin
Elle fricote sans pudeur avec deux mat’lots
Berg et Borg, c’est leur noms de sacrés charlots
Tous deux, limités du bulbe, ils supportent bien
Qu’Cirrhose soit débile vu sa chute de rein
En effet ses avantages sont bien évidents
Jamais vu telle morue au pays des Harengs
Dans le port de Copenhague on la connaît bien
La petite Cirrhose, celle qui a un grain
Et tous les gars qu’elle entraîne, s’ils n’sont pas crétins
Au bout de quelques fredaines, passent vite leur chemin
C’est au bar de la crevette qu’Andersen la voit
Et au fond de sa culotte l’activité s’accroit
Mais les deux proprios de la p’tite Cirrhose
Déboulent dans la rade : « touche-la si tu l’oses! »
Andersen, fou d’amour, tente alors son va-tout
Il casse Berg et tue Borg en tapant comme un fou
Pour la petite Cirrhose du port de Copenhague
Il casse Berg et tue Borg c’est pas des blagues
Moralité il se trouve dans de beaux draps
Car il casse Berg et tue Borg et se retrouve au plaquard
Il casse Berg et tue Borg, blague à part
(Carlsberg et Tuborg)
Multi-instrumentiste, jouant dans tous les styles, amoureux de la vie et des mots, c’était François Hadji-Lazaro, natif de Paris 14ème, dont il reste beaucoup à découvrir. Adieu Louchebem !