S’il ne brillait par l’affluence , ce dernier chapitre des vendanges mérite néanmoins de rester dans les annales pour son originalité.
Aux accents de la cornemuse et de la bombarde des représentants du Cercle Celtique de Cachan, rencontrés il y a peu au bois de Verrières par notre Grand Maître toujours prompt à saisir les opportunités, le cortège rejoignit le Clos Franquet.
Regardez bien : une fois n’est pas coutume, l’ami Louis avait revêtu une tenue de cérémonie.
Les Confréries amies purent aussi visiter la cave Abraham, où sont nos bouteilles des plus antiques aux plus récentes
Mais le clou fut sans doute cette haie d’honneur que nous firent les escrimeurs et autres bretteurs venus démontrer leur savoir-faire sur le parvis de la Mairie. C’était imprévu, mais l’entregent du Grand-Maître fit merveille.
A tout seigneur tout honneur…
Ces deux là sont passés deux fois, non ?
Et les élus n’y coupèrent pas non plus !
La prestation des sonneurs du CCC méritait bien une petite intronisation, c’est chose faite !
Les années se suivent et se ressemblent. L’an dernier nous découvrions Gagny, son accueil chaleureux et sa « plus belle fête des vendanges d’Ile de France ».
Ce samedi 8 octobre nous y sommes retournés.
Les dinosaures sont toujours là aux quatre coins de la ville. Et c’est l’ endroit idéal pour d’étonnantes rencontres…
qui l’eût cru ? cet écossais est un belge d’Anvers !
Il y avait des géants en pleine vendange
un char avec de la bouteille
et un comité d’accueil au parc Courbet…
Un oeil exercé aura reconnu la reine du jour (à gauche)..
qui était dauphine l’an dernier.
Et toujours le même chaperon !
on souscrivit bien sûr au rite de l’intronisation, et l’on fit la fête avec Franck Vilain et son orchestre !
Nous avions déjà remarqué cette artiste montpelliéraine qui avait contribué aux « barriques peintes de puech haut ». Vraie coloriste, après les fruits et les fleurs, les plages, les fêtes, la voici qui persiste à nous parler de vin.
Voici un bien étrange bas-relief que l’on peut voir sur le flanc de l’immeuble situé au 12 de la rue de l’abbé carton, à Paris 14eme, photographié par l’ami François.
Un homme tombe dans un puits, situé au fond d’une cave. Un autre s’enfuit. Ou vient à son secours ?
Quel drame s’est joué là ?
On distingue le nom de l’Amer Picon (breuvage bien connu des lecteurs du bon clos : voir là), inscrit sur une jarre. Publicité ?
Les tonneaux empilés forment un triangle. Message secret maçonnique ?
Heureux viticulteurs qui disposent dorénavant, avec l’imagerie aérienne, d’un outil précieux pour aider à définir la date des vendanges.
L’article ci-dessous est paru dans Le Monde du 6 août.
A Clamart nous n’en sommes pas là. Les vignerons clamartois disposent de 2 créneaux, début et fin septembre, pour porter leur production aux chais de la ville, rue Pierre Franquet, où les attendent les bénévoles de la Confrérie. Ceci afin de prendre en compte la variété des climats et des cépages, qui arrivent à maturité à des dates différentes. A chacun de se déterminer
Déchirant dilemme : vendanger trop tôt, c’est risquer un raisin insuffisamment mûr, peu sucré, donnant un vin acide, aux arômes atrophiés ; mais attendre la fin septembre, c’est risquer de ne plus rien avoir à apporter, tant sont menaçants les oïdum et autres mildiou, pour ne pas parler des oiseaux, et sont intraitables les équipes de tri qui éliminent impitoyablement les raisins abîmés.
C’est ainsi que plus d’une tonne de raisin a été apportée les 2 et 3 septembre derniers. France Régions 3 était là !
Ecoutez l’ami Jean Dessirier vanter les mérites du baco, ce cépage hybride créé à la fin du XIXème siècle par l’instituteur landais François Baco pour résister au phylloxéra.
Au Clos des Volontaires, nous préférons attendre. Notre raisin, du chasselas, mûrit.
Mais la quantité dépasse nos capacités. Nous attendons donc les amis du clos vendredi 23 septembre au soir pour vendanger (intendance assurée), et porterons notre récolte aux chais dès le lendemain matin.
Voila un film que les amateurs de vin peuvent voir avec intérêt. Niels Arestrup joue à merveille un viticulteur « vieux beau » égoïste plutôt pervers. Drame de la filiation et de la transmission. Mais ne dévoilons pas l’histoire. Disons qu’on passe beaucoup de temps dans les caves et que ça picole pas mal, et du bon. Et tous les acteurs sont excellents.
Souvenons-nous : il y a deux cents ans, l’irruption prolongée (de mars 1811 à août 1812) d’une comète dans le ciel où elle s’étendait sur 25° suscita l’émotion des populations. Bien qu’il n’y fut pour rien, elle est connue sous le nom de »comète de Napoleon ».
Le vin produit cette année-là, était d’une telle qualité et quantité qu’il resta dans l’Histoire comme le « vin de la Comète ». Il est vrai que l’été et l’automne avaient été anormalement chauds. C’est ainsi qu’un dégustateur en septembre 1986 d’un Yquem 1811parled’un vin dépassant tous les superlatifs et ne pouvant être approché et comparé que par le renommé millésime 1847.
Les russes sont conquis et la Veuve Clicquot emporte durablement la mise avec son millésime 1811.
La littérature suivit. Elle apparait dans Guerre et Paix : « rayonnait une pure lumière, dont la brillante chevelure, entourée d’astres scintillants, se déployait majestueusement »
Eugène Onéguine « se jette dans un traîneau, et le cri de gare ! gare ! retentit. Son collet de poil de castor s’argente d’une fine poussière glacée. Il arrive chez Talon, sûr que Kavérine l’y attend. Il entre, et le bouchon saute au plafond ; le vin de la comète jaillit. »
On doit le poème qui suit à Edouard Bricon (trouvé sur gallica)
Et en 1883, c’est Aristide Bruant qui y va de sa chansonnette (in « chansons et monologues d’aristide bruant », trouvé sur gallica)
Vieille fascination, comme l’atteste cette broderie de la tapisserie de Bayeux qui rappelle le passage de la comète de Halley en 1066. Une comète qui revient tous les soixante-seize ans, quand celle dont nous parlons ici ne revient que tous les trois mille ans.
Déjà en Chine, il y a quelques 2400 ans, cette table sur soie recensait les comètes...
Ne prenant pas au sérieux l’assertion d’Audiard ( En été, les vieux cons sont à Deauville, les putes à Saint-Tropez et les autres en voiture un peu partout), nous y sommes passés ce mois d’août.
Arrivant en bateau nous ne pouvions pas rater sur le port la galerie Vieceli qui expose les oeuvres de Guy Demun.
Appartenant à la fois aux derniers fauves et aux nouveaux réalistes, ce peintre contemporain (né en 1938) se situe entre Balthus et Paul Delvaux nous dit-on.
Un peu plus loin le musée de l’Annonciade est une étape obligée. Il y a quelque temps, on pouvait y voir une exposition des oeuvres du graveur André Dunoyer de Ségonzac (1884-1974) , illustrant les Géorgiques de Virgile.
le foulage du raisin
Par ici dieu du pressoir (tout ici regorge de tes dons, la campagne lourde se couvre du pourpre automnal, la vendange écume à pleins abords), par ici dieu du pressoir, viens et plonge avec moi dans le vin nouveau tes jambes nues d’où tu as ôté tes sandales.
Géorgiques, chant II, 4-8
Le bœuf du fermier Coulon ou les Vendanges à Saint Tropez
labours près des vignes et des feux de sarments
C’est dans les environs de Saint-Tropez, village qu’il affectionnait et et où il vécut jusqu’à la fin de sa vie, qu’il a trouvé son inspiration pour illustrer le chant II, consacré à la vigne et aux fruits.
Cette gravure illustre un ouvrage sur Colette, autre habituée des lieux.
Ce petit village perché, au nord de Saint-Maximin la Sainte-Beaume (ville que nous connaissons bien),ne compte pas moins de 45 viticulteurs regroupés dans la coopérative Saint-André.
Cette fresque qui décore la cave Saint-André est l’oeuvre de Jean-Luc Myskowski, peintre de la Provence et de la Camargue.