Personnage atypique de la scène française, Jean-Louis Murat vient de tirer sa révérence. Il avait composé une musique originale et interprété une chanson de Pierre-Jean de Béranger, ‘la bacchante », oeuvre poétique d’une grande puissance érotique, qui chante l’union de l’amour et du vin, sortie en 2005 (album MOCKBA). Elle lui ouvre les portes de la galerie du Bon Clos.
Entre ici, Jean-Louis Murat , et rejoins Pierre-jean de Béranger !
Cher amant, je cède à tes désirs
De champagne enivre Julie
Inventons, s’il se peut, des plaisirs;
Des amours épuisons la folie
Verse-moi ce joyeux poison
Mais surtout bois à ta maîtresse;
Je rougirais de mon ivresse
Si tu conservais ta raison
Vois déjà briller dans mes regards
Tout le feu dont mon sang bouillonne
Sur ton lit, de mes cheveux épars
Fleur à fleur vois tomber ma couronne
Le cristal vient de se briser:
Dieu! baise ma gorge brûlante
Et taris l’écume enivrante
Dont tu te plais à t’arroser
Verse encore! mais pourquoi ces atours
Entre tes baisers et mes charmes?
Romps ces noeuds, oui, romps-les pour toujours:
Ma pudeur ne connait plus d’alarmes
Presse en tes bras mes charmes nus
Ah! je sens redoubler mon être!
A l’ardeur, qu’en moi tu fais naître
Ton ardeur ne suffira plus
Dans mes bras tombe enfin à ton tour:
Mais hélas! tes baisers languissent
Ne bois plus, et garde à mon amour
Ce nectar où tes feux s’amortissent
De mes désirs mal apaisés
Ingrat, si tu pouvais te plaindre
J’aurais du moins pour les éteindre
Le vin où je les ai puisés