Paganini

On donnait le week-end dernier à l’Odeon de Marseille l’opérette de Franz Lehar qui porte ce nom, créée en 1925 à Vienne.
Dans sa  version française d’André Rivoire, Dieu merci, l’original dû à Paul Knebel et Bela Jenbach étant en allemand.

L’oeuvre rend hommage au violoniste virtuose et compositeur Niccolo Paganini, qui vécut à l’époque napoléonienne. 

Niccolò Paganini par Ingres en 1819

L’action se situe à Lucques où la princesse Elisa (soeur de Napoléon, incarnée par la soprano Perrine Madoeuf) s’éprend de lui. 

la princesse Elisa par Marie-Guilhelmine Benoist en 1805

Après maintes péripéties et autres bouffonneries (avec notamment l’impayable Fabrice Todaro en Pimpinelli) il la laissera finalement pour se consacrer à son destin d’artiste.

On n’a pas été étonné de retrouver dans la distribution l’ami Dominique Desmons, un habitué de Bruniquel, et de le voir animer, au 3ème acte, avec l’excellent Philippe Boulanger, une belle scène de taverne au cabaret du fer à cheval rouillé, où des contrebandiers voient arriver Paganini en fuite et entonnent « Quand on n’a plus un sou vaillant« .

En voici une petite video pirate, plus facile à suivre avec les paroles.

Sitôt qu’on a quelque chagrin
Il est un remède souverain

Répondez tous, tous à la fois
Bois bois bois
Un petit verre bien rempli
D’un vieil alcool un peu pâli
Et tout de suite c’est l’oubli!

Quand on n’a plus un sou vaillant
Que le prêteur est défaillant
Te voilà bien 
Seul comme un chien

Ou ta maîtresse aveuglément
A-t-elle pris un autre amant
Vas tu rester
A regretter ?

Répondez tous, tous à la fois …

Quand ici bas tout meurt en nous
Puisque nos rêves les plus doux
Sont trop souvent 
Fumée au vent

Puisque notre coeur vagabond
Toujours demande : A quoi bon ?
Comment guérir 
De tant souffrir ?

Répondez tous, tous à la fois …

Il n’est pas facile de trouver un enregistrement de la version française ; en voici un,  filmé au théâtre municipal de Tourcoing le samedi 9 janvier 1988.

Et voici la partoche de « Quand on n’a plus un sou vaillant » !

La version originale en allemand est plus facile à trouver. C’est le Schnapslied: « Wenn man das letzte Geld verlumpt ». En voici un enregistrement avec Rudolf Schock & Karl Ernst Mercker

Peut-on trinquer sans boire ?

Lever son verre, sa coupe pour festoyer, célébrer un événement, honorer un hôte, s’apprêter à combattre. Voilà une coutume ancienne, dont il est d’antiques témoignages, comme l’étendard d’Ur  (27ème siècle avant notre ère).

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Ce petit coffre sumérien en bois ouvragé présente sur un côté une scène de banquet où  les convives, assis sur des tabourets, un gobelet à la main, font face au souverain…

 Trinquer, c’est autre chose.

On connait l’origine de cette coutume : ce serait par défiance, pour se garder d’un éventuel poison, que l’on trinquait coupe contre coupe, mêlant ainsi les breuvages.

Cette coutume est devenue avec le temps un symbole de confiance et d’amitié. 

Le chansonnier Béranger ne disait-il pas  :  

L’amitié, qui trinque pour boire,  Boit bien plus encore pour trinquer !

(lire aussi l’article « Santé ! Tchin tchin… » dans le Ganymède de décembre 2023 du Conseil des Echansons de France

Mais trinquer sans boire, est-ce possible ?

Cette petite video publiée sur FB en témoigne.
Les mauvaises langues diront que c’est par manque de confiance. Que s’est-il passé depuis le sommet de 2019 ?

Etonnant, non ?

La tournée des patrons

C’est le titre d’un petit ouvrage largement illustré qui entend présenter les 100 meilleurs bistrots à vin de Paris. Des lieux « qui abritent une personnalité derrière le comptoir, de la vie autour du zinc, du vrai vin dans le verre… et où l’addition ne vous laisse pas une gueule de bois« .

Il doit en falloir du temps pour faire ce choix parmi les milliers d’établissements existants ! Ils se sont mis à trois : Bruno Carlhian, journaliste ; Gabriel Omnès, photographe ; et le dessinateur Gab, mais ont bénéficié de l’ entourage complice des membres de l’Académie Rabelais.

C’est semble-t-il une édition enrichie d’un ouvrage des mêmes auteurs et du même titre paru en 2016, qui ne présentait que 14 bistrots à vins.

Il y en a qui ont de la suite dans les idées !

En vedette, à visiter donc en priorité : le Bistrot des Halles (15 rue des Halles), le Mesturet (7 rue de Richelieu), la Grille Montorgueil (50 rue Montorgueil), le Bougainville (5 rue de la Banque), le Petit Vendôme (8 rue des Capucines), le Sully (6 bd Henri IV),le Monge (77 rue Monge), la Petite Périgourdine et son Annexe (39 et 22 rue des Ecoles), Oui Mon Général (14 rue du Gal Bertrand), le Griffonier (8 rue des Saussaies), Bistrot XVI (37 rue Copernic), le Vaudésir (41 rue Dareau), le Gallia (39 rue St-Ambroise), A l’ami Pierre (5 rue de la Main d’Or), le Verre à Vin (215 rue de Bercy), le Rouge aux lèvres (71 rue des grands champs), et à Montmartre la Mascotte, le Guersant et la mythique Bonne Franquette, dont Gérard Letailleur a conté l’histoire.

Bien sûr il y a aussi l’ incontournable Aux sportifs réunis (chez Walczak, 75 rue Brancion, pas exactement un bar à vins mais un lieu magique).

Au hasard des pages nous en retrouvons aussi quelques uns dessinés par Cendrine Bonami-Redler et décrits par Patrick Bard dans leur voyage sur les zincs (DANS SON JUS)

comme Le Rubis (Paris 1er), le Bougainville (P2), le Temps des Cerises (P4), le Verre à Pied (P5), le Bâton Rouge (P12), le Vaudésir (P14) et leBar Fleuri (P19).

Sont également cités une quinzaine d’établissements à Rungis, parmi lesquels l’Etoile, l’Aloyau, ou encore A la marée, connus par le guide des Bars et Restaus insolites de JonGlez.

Que voilà un beau parcours de santé qui nous attend!