Pochard, cet adjectif et aussi substantif est apparu semble-t-il au début du 19ème siècle. Dérivant de poche, il renvoie à sac, sac à vin, et signifie donc ivrogne, poivrot…
Ce dernier week-end quelques vignerons de « chais urbains » s’étaient retrouvés au Hoba, un lieu de vie dédié à la « cuisine durable et joyeuse », « niché au cœur du Parc Martin Luther King, dans l’écoquartier de Clichy-Batignolles, Paris 17e », pour débattre est faire déguster leur production.
L’affiche était prometteuse :
C’est Alvina Ledru-Johansson, du magazine « des bonnes femmes et de la bonne bouffe » Culs-de-poule, à l’origine de cette initiative, qui animait la table ronde. Y participaient Géraldine Dubois et Florent Sabourin.
Géraldine Dubois à installé La Têtue, un chai en pleine zone urbaine lyonnaise, et y vinifie ses raisins d’un domaine des coteaux du Lyonnais, situé à une vingtaine de kilomètres. L’idée est d’être au plus près des consommateurs, de privilégier les circuits courts, en recyclant les bouteilles voire en vendant le vin en vrac. Et bien sûr de faire des vins nature, sans levures exogènes, avec un sulfitage réduit à l’essentiel à la mise en bouteille.
Florent Sabourin, avec son compère Marc Event, fait de même à Montreuil, avec des raisins bio qu’ils vont chercher un peu partout. Leur marque Michtovino renvoie à l’argot local, Michto, d’origine romani, qui veut dire agréable, cool. Nous avons particulièrement apprécié leur claret.
Les deux reconnaissent que leur modèle économique est loin d’être profitable, en raison des coûts et des contraintes urbaines. La comparaison avec les brasseurs, qui peuvent multiplier les cuvaisons, ne tient pas. Des cinq producteurs présents, le seul à s’en sortir pour l’instant est adossé à un bar où il peut écouler sa production. Dira-t-on qu’ils font ça pour la gloire ?
Lors de la dégustation nous avons aussi pu rencontrer le cadet des Ferchaud, Benjamin, qui produit avec son frère aîné ses vins sur l’île de Nantes, et les fait boire au Bras de Fer, un espace attenant à la cave de partage musical et oenologique. Les raisins vinifiés proviennent de la région ou de l’Anjou voisin.
A Courbevoie en banlieue parisienne, c’est un fils et un père (Antoine Et Fady Sfeir) qui proposent le Pif à Papa. En attendant d’avoir leurs propres vignes en Ile de France, ils vinifient des raisins de Loire et proposent une douzaine de cuvées originales, dont les noms (fiston, mamie, etc.) rappellent le jeu des 7 familles.
Nous avons été séduits par la cuvée Mamie, assemblage élevé sous voile de grolleau gris et d’un gamay vinifié en macération carbonique, aux arômes de noisette grillée étonnants.
Last but not least, c’est au D.O.C.K de Reims que nous donnons la palme, pour son Dock power, un délectable assemblage de muscat et de viognier, et son Dock en stock, un rouge complexe, puissant et épicé. Merci et bon courage à Laure et Fabrice Renaud !
Comme chaque année, nous sommes allés faire un tour au Carrousel du Louvre pour cette nouvelle édition de « l’art contemporain accessible » (entendons : à moins de 5000 euro). De taille plus réduite que les années précédentes, il y avait quand même quelques images à grappiller pour les amateurs du bon clos.
Tout d’abord, cette « Cène des Médecins », une huile du peintre chinois Cai Pingpei, installé à la Grande Chaumière depuis plus de 20 ans, la Cène des Médecins, sur un thème suggéré par la pandémie.
Cai Pingpei est aussi restaurateur. Son restaurant, le Mandarin Dunois, au 77 de cette rue du 13ème arrondissement de Paris, mérite sûrement une visite !
Voici aussi une scène onirique avec un verre, de l’artiste turque Gülay Hakgönül. Un homme (dans le verre), une femme (au pied du verre), une lune, un arbre, une mer, une île ? Cette symbolique reste à décrypter…
Et voici pour finir une jolie photo d’un verre de vin avec pour fond un glacier. Tchin !