Les vingt ans de COCORICO

COCORICO, la Coordination des Confréries d’Ile de France, a 20 ans !

Il fut un temps où l’Ile de France était terre de vignes. C’était avant le chemin de fer et le phylloxera. La production s’effondra, et la vigne francilienne millénaire finit par rendre l’âme face au déferlement des tonneaux et des barriques.

Curieusement, quelques uns ne s’en satisfirent pas. D’accord pour les Bordeaux et les Bourgogne, d’accord pour le Gaillac et le Beaujolais, mais la poésie des vignes en rangs serrés sur les coteaux, le charme des treilles, comment s’en passer ?

A Montmartre dès 1933, à Suresnes aussi, on se reprit. Bien d’autres suivirent, qui avaient compris qu’il ne s’agit plus de produire, mais de témoigner et qu’il fallait donc se mettre en scène : ainsi fleurirent nos belles Confréries, avec leurs costumes moyenâgeux et leurs breloques, qui peuvent sembler ésotériques, voire arrogantes de l’extérieur, mais où la plupart cultivent l’art de ne pas se prendre au sérieux.

On se mit donc à replanter, à tailler, et à dépoussiérer pressoirs et cuves. On fit des symposiums, pour partager expériences et connaissances, et où l’on se risqua à goûter les vins ainsi produits. Et l’on fit des chapitres, où l’on allait s’admirer et se congratuler les uns chez les autres. Avec le succès (on ne compte plus désormais les clos et les vins dits « culturels », en tout cas non commerciaux), on éprouva le besoin d’une organisation. L’heure de Cocorico était venue !

20 ans ! Sacré challenge pour Michel Devot, le Président nouvellement élu. Il n’avait que quelques mois pour organiser un Anniversaire qui resterait dans les Annales, et résoudre, sous l’oeil vigilant des anciens présidents et des barons, une difficile équation : faire grand mais pas cher.

Pour les 15 ans, une messe avait été dite à Notre Dame. On ne pouvait faire moins. Mieux, on allait faire chanter le Souffle de Bacchus, la chorale du Musée du Vin, dont la réputation commençait à se répandre au-delà de Passy. On tenait avec Monseigneur Chauvet, recteur de la Cathédrale de Paris, homme affable et plein de répondant, le bon bout si l’on peut dire. Las, il advint le drame qui affligea le monde entier.

On chercha pour la soirée une salle de grande capacité,  bien située, confortable, présentant bien, au prix léger. C’était la quadrature du cercle ! La Mairie de Paris était aux abonnés absents, les salles privées inatteignables. On pria en vain pour que le Parc des Princes fut disponible.

L’avenir s’annonçait bien sombre, quand la Mairie du 16ème accorda sa salle des fêtes, grâce aux bons offices d’un confrère (*) familier des lieux, et le Musée du Vin proposa d’abreuver gratis les convives de son château Labastidié (Gaillac). Bientôt le Rectorat de Notre Dame refit surface, et l’on apprit que la messe pourrait se tenir à Saint-Germain l’Auxerrois, la Cathédrale Provisoire…

Ce fut un beau spectacle : une trentaine de confréries en costumes, cela fait du monde.

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Mgr Chauvet, recteur de Notre-Dame de Paris, assisté du père Xavier Leys, aumônier des Echansons, assura l’office,

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accompagné par les chants liturgiques du Souffle de Bacchus.

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La suite, ceux qui l’ont vécu la connaissent, avec la dégustation de vins du monde (USA, Slovaquie, Slovénie, Portugal, Italie…) proposée par la Fédération Internationale des Confréries Bachiques (FICB),

merci à Janesz, Linda, Pat, Daniela,Ken, et tous les amis venus faire gouter leurs vins

et de vins d’Ile de France récompensés par le jury (Clamart pour son rosé, Sucy en Brie, Rueil, Yerres, Saint Fiacre…).

Puis vint la sérénade du Souffle de Bacchus où l’on put essayer d’entendre (l’acoustique n’était pas fameuse) des airs peu connus comme le chant à boire du Bourgeois Gentilhomme (« Buvons chers amis buvons ») ou  « Sommes Nous des Grenouilles », qui fit florès pendant tout le 18ème siècle, ou encore le « P’tit vin du pays » de l’opérette Méditerranée. Avec d’autres mieux connus comme Ah que nos pères étaient heureux, Fanchon et Brindisi.

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La table clamartoise arborait fièrement le Coq et le Bacchus en zinc de son compagnon Jean Dessirier

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Avec Roland l’accordéoniste et  la chanteuse Hala (ci-dessous en duo avec l’ami Alain),

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Frank Dores anima musicalement la soirée et fit revivre notre Johnny national.

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Merci donc à Michel Devot, Président de Cocorico, à son équipe et à tous les participants, pour cette belle journée !

 

* Alan Bryden, président de la FICB, pour ne pas le nommer

La bande de Clamart

Tout un chacun a entendu parlé de l’attentat du petit Clamart, auquel le général De Gaulle a échappé de justesse, mais qui se souvient de la bande de Clamart, des étrangleurs, qui sévissait dans les années 1875 ?

C’est dans un mari dans la serrure,  une opérette sans prétention créée en 1876, que l’on joue ces jours-ci au studio Marigny,  qu’elle est mentionnée à propos d’une assassine présumée.

Offenbach-Wachs

« Ce n’est pas un métier facile / Que notre métier d’assassin ! /
Souvent on se fait de la bile, / Et cela ne rapporte rien ! »

Il s’agissait d’une bande de cambrioleurs menée par le grand Georges et Auguste Thauvin, dit le Gandin. Elle était basée rue du chemin du moulin (à Clamart ?, il en existe une sur les hauts d’issy-les-moulineaux).

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Ecumant Paris et la banlieue, la bande a à son actif l’assassinant par étranglement de la veuve Rougier, rue de Vaugirard, en octobre 1874, et bien d’autres forfaits.

petitjournal12-1-1875-1

On pourra en lire un récit passionnant dans le Petit Journal de l’époque, et notamment dans ses numéros des 12 (récit de l’arrestation), 13 (premières révélations), 14 (perquisition rue du chemin du moulin), 15 (suite des investigations), 16, 17, 18 (es aveux de Jean Maillot, dit le Jaune), 19 : arrestation de Jesus et du grand Pierre, et 31janvier 1875 (visite à Antony).

petitjournal13-1-1875

Au procès dont on pourra lire le déroulement dans les numéros du 29 avril au 2 mai, les 3 principaux protagonistes seront condamnés à mort.

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Bonne lecture, ce Petit Journal !
On y trouvait aussi (20 janvier 1875) cette curieuse relation d’animaux ivrognes…

Des ânes à qui l’on fait boire du vin blanc pour les faire avancer, des chevaux de trait essoufflés qui carburent au rouge, un toutou amateur de kirsch, un roquet à qui on paye un bock, un coq buveur d’absinthe ! Qui sont les ivrognes, les bêtes ou bien les maîtres ?