l’ébauchoir

Dans ce bistrot du 12 ème près du faubourg saint-antoine,

la carte est réduite mais recèle une pépite : le porc capelin mariné qu’on ne saurait trop recommander, accompagné par exemple d’une bouteille de Los Ribos 2016, du domaine Yohann Moreno dans les Corbières, un assemblage carignan-grenache-srah-mourvèdre très réussi.Quelques oeuvres exposées mettent de bonne humeur, comme ce Nectar

ou encore ce sommelier 3D

Foujita

Pour ceux qui n’auraient pas pu voir à la maison de la culture du Japon, l’exposition Foujita, ce peintre japonais venu rejoindre la cohorte de Montparnasse juste avant 14, voici quelques images retrouvées sur le net car les photos sont interdites.

Ce tableau présente les 48 richesses de la France. C’est intéressant de savoir quelles sont-elles, du point de vue d’un japonais.Il faut le scruter en détail pour les découvrir. Il y a de tout, les métiers, la tour Eiffel,  les Champs Elysées, le Tour de France, la Joconde…
En haut à gauche, le Champagne !

Ces enfants boivent de la liqueur, semble-t-il ! Quant à celui-la, adossé à son tonneau, que représente-t-il ?

Voici un bistrot avec bien des bouteillesCe bric-à-brac incroyable est intitulé : je reviens de suite. Que fait là cette bouteille entamée ? Ci-dessous Au café, une des oeuvres les plus connues, nous présente une jeune femme au verre de vin.Voilà pour l’exposition. Mais n’en restons pas là et pistons Foujita sur le net.

Inspiré par la peinture religieuse, Foujita, qui s’est converti au catholicisme, nous a laissé aussi ces atypiques Vierges des Vendanges.

Celle-ci (ND des Vendanges, 1966) orne la chapelle Foujita (ND de la Paix) à Reims.  La Vierge au tonneau (1959) a été publiée par Sylvie Buisson dans son catalogue général de l’oeuvre de Foujita

de même que la Vierge des Vendanges (1964)

Voici encore une adorable jeune fille aux raisinsCette estampe est la contribution de Foujita au beau livre Vins, fleurs et flammes publié en 1952 par Bernard Klein

Dans la même veine humoristique, voici un sept péchés capitaux (alcool, amour, avarice, gourmandise, jeu, tabac et vol) vu par Foujita (l’alcool, 1928)

Vive le vin l’amour et le tabac

Voila bien un programme alléchant, quoique peut-être un peu daté en ce qui concerne le tabac. C’est aussi le titre d’un tableau de Clovis Trouille, peintre assez extravagant et un peu obsédé sur les bords, reconnu à son corps défendant comme surréaliste par André Breton qui le qualifiait de  » Grand maître de cérémonie du tout est permis « .

Connaissait-il le Chalet d’Adolphe Adam, opéra comique créé en 1834, dont une chanson proclame le même programme ?

Dans le service de l'Autriche
Le militaire n'est pas riche,
Chacun sait ça;
Mais si sa paie est trop légère,
On s'en console: c'est la guerre
Qui le paiera!

Aussi, morbleu! que de tout l'on s'empare!
Jeune beauté, vieux flacons et cigarre! ...
Vivent le vin, l'amour et le tabac!
Voilà le refrain du bivouac!

Dans les beaux yeux d'une inhumaine, 
De sa défaite on lit sans peine
Le pronostic;
Nulles rigueurs ne nous retiennent; 
De droit les belles appartiennent
Au kaiserlic!

Se divertir fut toujours mon principe; 
Tout est fumée, et la gloire et la pipe! 
Vivent le vin, l'amour et le tabac! 
Voilà le refrain du bivouac!

La voici chantée par Marcel Journet dans les années 1910, une basse magnifique

les amateurs apprécieront de comparer avec la version de Paul Payan

 

En fait le livret reprend un singspiel de Goethe, « Jery und Bately », où l’un des personnages proclame :
ein mädchen und ein gläschen wein
curiren alle Noth ;
und wer nicht trinkt und wer nicht küsst
der ist so gut wie todt
(une fille et un verre de vin guérissent tous les maux ; et celui qui ne boit ni n’embrasse, celui-la est comme mort)

Le livret francais de Scribe et Mélesville a rajouté le tabac !

la collection Campana

Pour ceux qui n’auraient pu visiter l’exposition Rêves d’Italie proposée par le Musée du Louvre en collaboration avec celui de l’Ermitage, voici quelques oeuvres qui ont toute leur place dans les collections du Bon Clos.Issu d’une lignée de directeurs du mont-de-piété à Rome,  le marquis Giampietro Campana fut au milieu du 19ème siècle un collectionneur particulièrement actif, mais indélicat, aussi, une fois  ses malversations financières découvertes, dut-il céder ses collections qui furent rachetées en grande partie par les empereurs de Russie et de France.

La collection couvre deux millénaires et nous commençons par ces « plaques Campana » en terre cuite qui date du début de notre ère.

Voici Dionysos enfant entre deux satyres

des satyres vendangeurs

et un cortège bachique

auquel participait peut-être Antinoüs, favori d’Hadrien

Dans cette sculpture, il n’y aurait que la tête d’antique, Campana pratiquant à merveille dans ses ateliers l’art du faussaire.

Voici aussi deux oenochoe (carafes à vin)

Survolons le temps et ous voici en pleine Renaissance avec ces panneaux de bois d’un peintre anonyme représentant vers 1510  Thésée, Phèdre, Ariane,  et Bacchus…

 

 

 

 

 

 

 

Verse à boire…

Voici bien un thème récurrent dont on a pu voir récemment l’illustration avec la Mascotte d’Edmond Audran.

Voici quelques autres chansons portant peu ou prou ce titre, et d’abord celle du groupe québécois la Tuque bleue

Verse ô verse à boire à mon gars une autre job tu t’chercheras…

Voici une chanson bretonne, du groupe d’Annie Ebrel  Teir

Verse à boire il n’est pas mort, il est sur son lit malade, il est sur son lit qui dort..

Bénissons à jamais le bon vin, le muscadet, le café la goutte après…

Et on n’oubliera pas le classique verse à boire à ton voisin (ici par les 4 barbus)

Verse à boire à ton voisin car il aime le bon vin…
Ami pour commencer la ronde je viens m’adresser à toi
Je n’ai qu’un seul plaisir au monde c’est celui de trinquer avec toi
Regardez bien comme il boiboiboiboiboiboiboiboiboiboit
Avez vous vu comme il a bu ?

 

Verse à boire à Baptiste a été collectée auprès d’un rassemblement de musiciens et de chanteurs à La Gaubretière (85) en février 1981

Verse a boire a Baptiste
Plus qu’i boit plus qu’i pisse
Plus qu’i boit plus qu’il est content
D’faire marcher son p’tit instrument…

Plus difficile à débusquer, la Rosalie de Théodore Botrel, chanson de poilus

Rosalie, c’est ton histoire
Que nous chantons à ta gloire
– Verse à boire ! –
Tout en vidant nos bidons
Buvons donc !

la voici interprétée à l’accordéon par Bastien Loriou

Terminons avec Amis, que l’on me verse à boire, chanson d ‘un amant abandonné (Villemer et Collin,1877)…

La Mascotte

Voici une opérette d’Edmond Audran qui connut un succès mémorable lors de sa création en 1880, et  dont son « duo des dindons » est resté fameux. C’est l’histoire d’une jeune paysanne qui porte chance par sa seule présence à ceux qui n’en ont pas…Mais il nous intéressera ici pour ses airs à boire, au 1er acte « la vendange est terminée » et au 3ème acte « verse, verse à boire »

La vendange est terminée
Buvons tous à petits coups
Buvons le vin de l’année
Si bon si frais et si doux
Il fait fuir l’humeur morose
Les ennuis et le chagrin
Et du soir jusqu’au matin
Vous fait voir la vie en rose
Vive le petit vin doux !
Gloux gloux gloux gloux gloux gloux gloux
Vive le petit vin doux !
Vive ses gloux gloux
Ses vertus sont admirables
Car il rend jeunes ou vieux
Les hommes plus amoureux
Et les femmes plus aimables
C’est lui qui donn’ du courage
Aux époux les moins vaillants
V’là pourquoi les p’tits enfants
Sont nombreux dans ce village
Buvons ! buvons ! buvons ! buvons !
Ecoutons-en la version mise en scène en 1953 sous la direction de Jules Gressier avec Liliane Berton dans le rôle titre.

Malheureusement, il semble difficile de trouver une version enregistrée du choeur de soldats  « verse à boire » au début du 3ème acte.

Verse, verse, verse à boire
Allons Mathéo
Vide bien ton broc
Pour fêter notre victoire,
 Buvons mes amis
Le vin du pays
À boire ! À boire ! À boire ! À boire !
 Ici Mathéo du liquide
Comme s’il en pleuvait morbleu !
Hé Mathéo, mon verre est vide,
Verse donc j’ai la gorge en feu
Il faudra se débrouiller avec la partition du choeurdesoldatslamascotte

L’AG de COCORICO

C’est au bord de la Seine, à la Guinguette Auvergnate, à quelques pas de la station RER Villeneuve-gare de triage, que la  Coordination des Confréries d’Ile de France avait convoqué ses adhérents, ce samedi 9 février, pour son Assemblée Générale annuelle.

la guinguette vue depuis la Seine

Jean-Pierre Vic, membre emblématique de la Bourrée Montagnarde, y fait vivre l’esprit des guinguettes où l’on allait guincher au bon vieux temps,

l’ancêtre de la guinguette auvergnate, en 1910

avec ses bals auvergnats, mais aussi ses soirées folk et country, voire rock !

Ce n’était pas l’objet, car on était là pour approuver rapports moral et financier, partager les expériences et les ressentis.

Les bouches s’ouvrirent. On ne sera pas surpris d’apprendre qu’il y a des progrès à faire, tant au niveau de l’horizontalité que de la verticalité ; c’est du moins la volonté affichée par le nouveau Président (et ex Secrétaire) Michel Devot, Ruben Martinovsky optant pour le fauteuil convoité de Président d’Honneur.On parla vendanges bien sûr, qui ont partout donné des motifs de satisfaction compte tenu du temps exceptionnel l’été dernier. Puis on eut le plaisir d’accueillir le coteau des Jouannes, une association qui gère une vigne plantée en baco et qui a établi ses chais dans une gare désaffectée, représentée par 3 de ses membres. Et de reporter la décision pour deux autres candidats, certainement honorables, mais qui ne s’étaient pas déplacés.

On était là aussi pour goûter les produits du terroir, comme le vin du pressoir auversois récompensé par des médailles d’or à Bagneux,et cette mondeuse blanche, cépage savoyard rare dégotté par l’ami Georges Kopcsan de Saint-Maur.(Mais malheureusement pas celui de Rosny-ss-Bois, dont pourtant 3000 bouteilles ont été produites cette année !)

C’est enfin autour d’un roboratif pot-au-feu arrosé au saint-poursain que la cinquantaine de convives s’attabla dans une ambiance festive et chantante.