Georges Focus

Curieux personnage que ce Georges Focus , peintre, dessinateur, membre de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture, sous Louis XIV, à qui les Beaux Arts de Paris consacrent une exposition actuellement. Il  finit, aliéné, aux Petites Maisons, où il eut une importante production mettant en scène ses délires et souvenirs.

Oubliée, son oeuvre n’a été redécouverte que très récemment. Voici quelques dessins devant intéresser les lecteurs du bon clos.

(Les textes les accompagnant, un peu abscons,sont évocateurs de l’état psychique de leur auteur.)

Les vendangesFocus adolescent, perché sur des échasses, n’évitera pas la chute après avoir trop bu…

Le raisin fouléDans cette scène de foulage, on voit le jeune Focus s’abreuvant au chalumeau du vin d’un tonneau

Lorsque l’on a trop mis le pied dans la vigne du seigneur, il en vient le sommeil assez souvent avec le mal de coeur…

Le pressoirdommage qu’il en manque une partie, où Focus  se serait figuré fouetté, pour s’être exhibé devant des dames après avoir trop bu…La demande à boireFocus nimbé va chercher une bouteille dans un coffre. Omniprésent sur ces dessins, le dieu Fleuve s’abreuve.

Voici la transcription du texte, difficilement lisible

J’ai soif… Apportez-moi du vin, ou du vinaigre avec du fiel. Apportez du préperé (?) ou bien de l’hypocras…

Le festinFocus, nimbé, porte une coupe à ses lèvres pendant un festin

Ces centaures aux longues oreilles s’enivrent en se disputant.

 

Des huîtres au menu…

On mange des huîtres depuis l’Antiquité, les accompagnait-on alors de vin blanc comme on l’aime à le faire de nos jours ? Elles sont en tout cas aujourd’hui un incontournable de nos agapes de fin d’année.

Rendons grâce à la journaliste Ophélie Neiman (alias miss Glouglou)  qui a publié récemment dans le Monde le tableau de Jean-François de Troy « le déjeuner d’huîtres » qui date de 1734-5.Le tableau fourmille de détails savoureux, comme le bouchon qui saute de la bouteille (c’est bien du Champagne !), la glacière où les flacons sont stockés,

les buveurs remplissant les verres, mirant la robe du vin, etc.

Cet article de blog en dira plus.

Le sujet a inspiré d’autres peintres, comme Gonzales Coques (1614-1684, anversois)

Jean Raoux (1677-1734, de Montpellier)

Gabriel Metsu (1629-1667 néerlandais)

ou encore Richard Brakenburgh (1650-1702 néerlandais)

Autour de Meknès

Nous n’avions guère trouvé de quoi nous mettre sous la langue à Marrakech, aurions nous plus de chance dans le Nord du Maroc ?

L’Histoire y a vu la vigne et l’amour du vin prospérer, comme en témoignent ces mosaïques de l’antique cité romaine de Volubilis, à quelques lieues de Meknès.

Bacchus découvrant Ariane endormie

Dionysos et les 4 Saisons

Quant au présent, on ne se fait guère d’illusion dans un pays qui bannit vin et alcool, aussi a-t-on le droit d’être surpris en découvrant ce vénérable cep dont le tour doit bien faire un mètre dans un fondouk de Meknès.A Moulay-Idriss, cité sainte, on sera aussi surpris de découvrir cette treille

qui donne du raisin !

Des vignobles, il y en a tout de même, mais ils se font très discrets cachés derrière des haies.

Celui-ci pratique l’arrosagele vignoble CASTEL, sur la route de Fes

Quant aux vins, outre les classiques Boulaouane et Guerrouane que l’on trouve chez nos bons couscous, on en trouve de plaisants comme ce Médaillon rouge (du pur cabernet, le 2012 serait  un des cent meilleurs vins du monde d’après Wine Enthusiast), bu dans une bonne table de Rabat (Le Petit Beur pour ne pas le nommer).