vendanges 2014 à Clamart : deuxième round

C’est sous un beau soleil que s’est déroulée la deuxième ronde des vendanges de Clamart, ces derniers vendredi et samedi de septembre.

vendangefranquet

Une foule de volontaires s’y pressait parmi lesquels on put remarquer deux miss (Cougar et France -de son petit nom Elsa) toujours très entourées, mais qui n’étaient pas venues pour faire de la figuration ni pour jouer aux billes avec les grains de raisin : on les vit au tri toute une après-midi !

lesmissNos fidèles producteurs nous ont apporté des raisins titrant parfois (potentiellement) jusqu’à douze degrés.

Il en fut de même au clos Franquet où l’on ramassa plus de deux cent kilos de chardonnay

chardonnayet de sémillon bien sucrés.

semillonLa nouvelle équipe municipale trouva le temps de nous faire une petite visite, tout comme les enfants des écoles toujours enthousiastes

enfantsdesecolesSi nombreux étaient les curieux dans la grange Franquet que le travail y devenait problématique, et l’on pouvait voir les épaules du Vice Grand-Maître Marcel s’affaisser sous le poids des responsabilités et du stress.

C’est alors que notre Grand Maitre décida fort à propos d’emmener un groupe d’une vingtaine de personnes visiter le clos Franquet, la cave Abraham et la maison Boulard toute proche où l’on peut encore voir une exposition de matériel agricole ancien. On put grâce à cette manoeuvre bienvenue mener le travail à son terme, et encuver près de 500 litres de bon moût titrant environ 10 degré d’alcool potentiel. Ce n’est pas un mauvais résultat.

Seule ombre au tableau : les dommages collatéraux causés au matériel de presse mis à sécher dans la rue, par un véhicule de la maréchaussée qui fila sans demander son reste !

 

Brindisi

Voici l’air à boire culte de l’art lyrique, lancé par Alfredo, repris par Violetta puis par le choeur dans la Traviata de Verdi. Un pur bonheur qui aurait dû depuis longtemps figurer dans la discothèque du bon clos. (Une indiscrétion nous a fait savoir qu’il serait bientôt au répertoire du Souffle de Bacchus, ensemble vocal des Echansons de France)

Son titre, Brindisi, est le mot employé en Italie pour lancer un toast.

Ce mot, qui existe aussi en espagnol (brindis), viendrait de l’allemand Ich bring dir’s (je te l’apporte, je te l’offre), introduite en Italie par les lansquenets allemands de Charles Quint lors du sac de Rome en 1527.

Libiamo, libiamo ne’lieti calici
che la belleza infiora.
E la fuggevol ora s’inebrii
a voluttà.
Libiamo ne’dolci fremiti
che suscita l’amore,
poiché quell’ochio al core omnipotente va.
Libiamo, amore fra i calici
più caldi baci avrà.

Tra voi tra voi saprò dividere
il tempo mio giocondo;
Tutto è follia nel mondo ciò
che non è piacer.
Godiam, fugace e rapido
e’il gaudio dell’amore,
e’un flor che nasce e muore,
ne più si può goder.
Godiam c’invita un fervido
accento lusighier.

(Godiamo, la tazza e il cantico
la notte abbella e il riso;
in questo paradiso ne scopra il nuovo dì.)

La vita è nel tripudio
quando non s’ami ancora.
Nol dite a chi l’ignora,
e’ il mio destin così …

Godiamo, la tazza e il cantico
la notte abbella e il riso;
in questo paradiso ne scopra il nuovo dì.

En voici quelques versions

Avec Angela Gheorghiu et Roberto Alagna

Avec Placido Domingo et Teresa Stratas

Avec Anna Netrebko et Rolando Villazon

Et voici une traduction

Alfredo :
Buvons, buvons joyeusement <le vin> de ces coupes.
Que la beauté fleurisse ,
Et que l’heure fugitive
S’enivre de volupté.
Buvons dans les doux frissons
Que suscite l’amour,
Puisque ces yeux tout-puissants
Percent le cœur.
Buvons ! l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Le chœur :
Ah ! buvons ! l’amour, l’amour entre les coupes
Aura des baisers plus ardents.

Violetta :
Parmi vous je saurai partager
Mes heures les plus joyeuses ;
Tout ce qui n’est pas plaisir,
Est folie dans le monde.
Amusons-nous! rapide et fugace
Est le plaisir de l’amour.
C’est une fleur qui meurt – à peine est-elle née,
Et alors, on ne peut plus en jouir.
Réjouissons-nous !
De fervents et flatteurs accents
Nous y invitent.

Le chœur :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau.

Violetta (à Alfredo) :
La vie est allégresse.
Alfredo (à Violetta):
Quand on ne s’aime pas encore…
Violetta :
N’en parlez pas à qui l’ignore.
Alfredo :
C’est là mon destin.

Tous :
Ah ! Réjouissons-nous !
Les verres, les chansons
Et les rires embellissent la nuit ;
Que dans ce paradis
Nous retrouve le jour nouveau

Eros et Bacchus – l’expo

Nous en avons parlé, une exposition consacrée à ces dieux se tient à Aigle en Suisse, dans le canton de Vaud, à quelques kilomètres au Sud de Montreux. Nous en rapportons quelques images et un catalogue, mais il faut la voir ! C’est jusqu’au 28 février 2015 !

affiche-eros-bacchusOn tombe d’abord sur ce superbe char de Bacchus d’une énigmatique Olga Sl…(?) représenterait celui de la fête des vignerons de Vevey de 1927.

chardebacchusdolgaSVoire. Nous avons retrouvé le livret-dépliant du défilé de 1927, ce n’est pas tout à fait ça, mais ça y ressemble.

défilé1927redOn crois ensuite ce Bacchus Medicis, de P.Garnier, qui viendrait des jardins du château de Versailles

bacchusauxgrappes

Ce petit silène de bronze date du 2ème siècle.

silenebronze2esiecleNous entrons dans le coeur du sujet, nous voici devant un fouloir original à manivelle :

machineafoulerVoici un document essentiel, le code de Bacchus

codedebacchusHonneur à Bacchus Dieu du vin, proclame-t-il. Tous les méchans sont buveurs d’eau ; et d’énumérer les châtiments auxquels ils s’exposent. Du plus petit (refuser de boire quand on vous invite, 1/2 pot) au plus grave (ne pas boire à la conduite d’un ami, 10 pots !).

Cette céramique monacale

ceramiquedesmoinesbuveursva bien avec la chanson qui suit

lesmoinesdestbernardinCet arbre d’amour affirme : tout peint l’amour, tout n’est qu’amour en présentant une  autre chanson, le dialogue du vin et de l’eau.

Les buveurs de vin sont dans l’arbre, les buveu(r)ses d’eau qui veulent l’abattre en bas.

larbredamouril s’agit d’une chanson ancienne,  sur « l’air d’Henri IV » est-il indiqué.

Hélas qu tu es folle Disait le vin à l’eau Toujours tu cours tu voles tout le long d’un ruisseau….

 

Elle a été recueillie en 1979 en poitou charentes et publiée par le cerdo

(le thème de l’arbre d’amour remonterait au 16ème siècle,  voir un autre arbre d’amour sur le même principe : les femmes en bas cherchent à trouver un mari réfugié dans les branches)

Cette aquarelle  d’Hippolyte Coutau date de 1895

AlavotreaquarelleHippolyteCoutau1895Ici un vendangeur conte fleurettefleuretteenvendangevaud

et une sympathique scène de beuverie de Célestin Nanteuil (1813 -1873, peintre graveur illustrateur dont « les généraux de napoléon » méritent une petite visite sur le site grandes marques et maisons de champagne)ungrosflaconcelestinnanteuil

La fête chez Maxim’s

chezmaxims6hdumatin

ou?Ce dessin d’Henri Gerbault est paru dans Fantasio Magazine Gai, à Paris, en 1924

premierecuitedegerbaultCa se corse avec cette contrepéterie osée !aussiunpeudevindoux

Nous arrivons au milieu du vingtième siècle et à ses revues grivoises

bacchusgirlselles sont nues dans les cavesnuesdanslescavesnues dans les cuves

nuesdanslescuvesnues dans les vignes

nuedanslesvignesPlus pudique, cette affiche du temps des colonies vantait le vin Chélia d’Oran

cheliale vin et l’amour pour passer d’heureux jours, dit ce brocbroclevinetlamour

brocbachiqueL’expo se termine par une sélection d’oeuvres d’artistes invités. En voici quelques unes.

On peut vraiment s’asseoir sur ce banc naïf d’agnès coupey, Tuttifruti 

tuttifruttibancnaifdagnescoupey

les bacchantes, plâtre patiné, de Gustav Claudel

3gracesdegustavUn max de cuisse, de Pascal Jacquet

unmaxdecuisseles bains de lavaux, cartonnerie pétillante du mêmelesbainsdelavaux

Ceux-là sont bien partis, bronze patiné, d’Elizabeth Buffoli

bienpartisd'elizabethbuffoliVoici vent d’ange, de pierre gisling ventdangepierregislingivresse, de mylène besson

ivressedemylenebessonerik, de lea lunderikdelealund

la couleur des odeurs

Le passeur de sciences Pierre Barthelemy (*)vient à nouveau (nous l’avons déjà rencontrés dans ces colonnes**) de nous faire découvrir une étude scientifique tout à fait intéressante, tendant à montrer qu’un même vin, présenté à des oenologues comme blanc ou rouge, donnera lieu à des analyses différentes : un vin supposé blanc révélera des odeurs de citron, de paille, de banane, de soufre, de beurre.. tandis que le même coloré en rouge sentira la myrtille, le cassis, le havane, le chocolat, le goudron, etc.

Cette étude a été réalisée par trois jeunes chercheurs français spécialistes de l’oenologie,  et publiée par la revue Brain and Language en novembre 2001.

On peut se poser légitimement la question : que sont-ils devenus ?

Et bien, en plus de travailler pour l’INRA sur les questions olfactives, Gil Morrot est vigneron à Montpeyroux dans l’Hérault, dans un domaine, DIVEM, à très faible rendement (10-15 hl/ha)

Le deuxième auteur, Frédéric Brochet, a créé Ampelidae, un domaine de collines dans le Poitou « qui connaissent la vigne depuis mille ans », à Marigny-Brisay, le Pauillac de la Vienne (sic). On peut trouver ses vins (chardonnay, pinot noir, sauvignon, cabernet..) sur doctorwines.com

Le troisième auteur enfin, Denis Dubourdieu, est professeur d’oenologie et vinifie plusieurs domaines dans le Bordelais. Ce serait « l’un des meilleurs spécialistes de l’élevage des vins blancs »

Mais que sentent donc les vins de ces vignerons ?

Le premier n’en dit mot.

Le second distingue le pain frais et la poire au sirop dans son chardonnay ; des traces de menthe, des notes de genêts et quelques pampres de lierre dans son sauvignon ; le pinot noir le kirsch, le noyau… et le cabernet franc n’ignore ni la violette ni la rose

Le troisième découvre des arômes de pamplemousse et de pêche blanche dans ses blancs secs, de réglisse, de cassis, de fraise des bois, dans certains vins rouges.

Qu’en conclure ? Rien, si ce n’est que le premier n’a peut-être pas un nez très développé ou est resté traumatisé par les résultats de l’étude de 2001 ; que le second semble avoir beaucoup d’imagination, et que le troisième est sûrement un bon marketeur ?

 

* ses rubriques du Monde viennent de sortir en librairie

COUV-SCIENCES

** voir le prix et le plaisir, Ivre sans boire…, 1258 l’année terrible,

 

A Toulon

Toulon, ville portuaire, ville de marins, devait compter plus d’un bordel où le vin et l’alcool étaient bien sûr les compagnons de l’amour.

Des peintures en trompe l’oeil sur les murs de la ville évoquent ce temps disparu.

Au rez de chaussée

atoulon, auRCet à l’étage

a toulon, au 1er